Pour cette rentrée littéraire j’ai choisi un livre d’Olivier Adam car une de mes anciennes collègues de travail me l’avait vivement conseillé, notamment le roman « Falaises », mais je n’avais jamais eu le temps de le lire.
Finalement, après avoir longuement hésité sur le choix de mon achat, je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir cet auteur.
Ce roman, dont le titre est pour le moins évocateur, parle des réfugiés, clandestins ou sans-papiers…comme vous voudrez. Mais c’est surtout l’histoire d’une femme ayant, à priori, tout pour être heureuse, pourtant écrasée sous le poids de la dépression nerveuse.
Elle s’ennuie et vomit toute sa vie banale de ménagère occidentale, sans travail, qui passe ses journées à regarder par la fenêtre et à attendre…ses enfants et son mari. Et l’on en vient à penser, stupidement peut-être, que tout ce confort dont nous bénéficions ne nous protège guère. On n’est jamais à l’abri de tout perdre et de se perdre soi-même.
Olivier Adam revisite à travers Marie, son héroïne, l’angoisse profonde qui mène à la folie, le spleen. Plongée dans un état d’anesthésie permanent, elle est incapable de se mêler au monde réel et de sortir de sa bulle. On oscille entre pitié et dégoût pour ce personnage que rien ne retient sur terre, même pas l’amour de ses enfants.
Puis, par hasard, elle se retrouve liée à un sans-papier et décide d’aider les bénévoles du centre d’accueil de Sangatte.
On voit alors apparaître des personnages formidables, des gens simples qui n’ont pas grand-chose mais veulent donner un peu de leur temps pour aider ces réfugiés. Des personnes au fond desquelles il reste un peu d’humanité, indispensable au bien-être d’une société et du monde entier. Je parle de ces bénévoles qui aidaient au centre mais aussi de tous ces hommes et ces femmes qui ont hébergé des clandestins chez eux, risquant amendes et arrestations.
L’auteur nous confronte, à travers les yeux de l’héroïne, à la violence des hommes. On est frappé par les comportements ignobles et indignes de la police française qui, mise sous pression par le Ministre de l’Intérieur, n’hésite pas à battre et à insulter des hommes qui ne demandent que la charité, des hommes complètement déstructurés et désarmés.
D’une manière générale, il dresse un portrait très sévère des hommes qui sont souvent décrit comme des bêtes perverses, exception faite des sans-papier.
Qu’elle repense à ses souvenirs d’école dans lesquels les garçons la coinçaient dans les toilettes pour la toucher ou qu’elle nous parle du comportement absurde de la police, on ressent toujours ce mépris et ce dégoût pour les hommes du coin.
C’est indéniablement un très bon roman, très imprégné de la réalité, et qui produira peut-être une certaine prise de conscience chez ses lecteurs. Ce qui serait une bonne chose au vu des circonstances actuelles.
Je regrette néanmoins que l’histoire soit vraiment très axée sur l’angoisse puis la folie de Marie, et que ces réfugiés soient finalement perçus comme des ombres sans histoires.
C’est peut-être l’effet recherché, pour nous montrer qu’en les rejetant comme on le fait aujourd’hui, on leur enlève toute dignité propre à un être humain, tout ce qu’il sont de part leur histoire et il ne reste que des fantômes.
Mais j’aurais quand même préféré qu’ils soient des personnages actifs de l’histoire, tant pis… mais j’ai quand même été un peu déçue.




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5 commentaires
moins bien que falaise!!! il reste cependant un bon livre de cette rentrée littéraire. N’oublions pas qu’il est en liste pour le goncourt!! J’ai aimé le passage où il s’en prend à l’ancien ministre de l’intérieur. Contente que tu ais découvert ce livre
Tiens la clique églisienne se retrouve :-)
Ce n’est pas eglisienne mais aglatienne. ;)
Ca sent l’angevine joke … ;)
Même pas xaxou, même pas ! :-)