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Madalina

Voici la première intervention de Beckhamescu, qui nous plonge de la plus belle des manières au coeur de la Roumanie. Un beau billet pour un sublime bouquin, que je recommande chaudement.

madalina-rebreanu.jpgJe suis tout ému de parler d’un livre bouleversant qui devrait coller à l’air du temps valentinesque. Tous les Roumains et toutes les Roumaines ont lu cette merveille, sous le titre Ciuleandra, tous les Français, Belges et même les Suisses devraient en faire de même.

Avant de pénétrer l’oeuvre plus profondément, plusieurs jolies choses sont à noter à propos de Madalina. Tout d’abord, qu’il est toujours édité, alors qu’il a été publié chez Jacqueline il y a 14 ans, ce qui est beaucoup dans l’édition. Ensuite, que c’est Jacqueline qui l’édite, elle qui a déjà mis en avant Camil Petrescu ou Hortensia Papadat-Bengescu il n’y a pas si longtemps, aussi dans les années 90, et que ceux-là sont épuisés depuis pas mal de temps. Enfin que c’est Liviu Rebreanu, le grand, le géant, l’immense Liviu Rebreanu, l’auteur roumain le plus Grand selon mon très subjectif avis, que je me permettrai de revendiquer pour l’occasion. Ses romans sont des romans d’aventure, des chroniques de vie, des livres d’histoire, des trésors de science-fiction pour qui pousse un peu les choses, des polars parfois, des études sociologiques toujours (ce qui est souvent la même chose).

Madalina entre dans beaucoup de ses modernes classifications (pas trop polar, c’est vrai), n’est pas son oeuvre absolue (c’est La Révolte et Ion) et est un roman plutôt court (ah ça, c’est pas La Révolte et Ion justement!) dans la lignée de Deux d’un coup, mais comme ce dernier extrêmement percutant. Et bien entendu, il respecte le fil de l’oeuvre de Liviu Rebreanu, à savoir la confrontation des société rurale et urbaine de la Roumanie du siècle passé, que dis-je, des siècles passés.

Madalina raconte la folie d’un homme pour l’amour d’une femme, à travers le prisme de ses délires, de son impossibilité circonstanciée par les univers qui les séparent. Folie car il est homme et elle est femme, car elle est paysanne et lui aristocrate, car elle choisit (si si) et lui subit, et fondamentalement parce qu’elle est Roumaine et lui Bucarestois, et qu’à cette époque là…Véritable illustration de l’amour fou, ce roman transporte qui le souhaite dans des contrées inconnues, quoiqu’on en dise, et rappellera à tous les si belles images de cette si belle campagne roumaine, belle car unique, déconnectée, de par ses traditions plus fortes que tout. C’est parce que tous les Roumains ont quelque chose de Madalina que nous les aimons tant, parce que nous, nous ne l’avons pas tous, loin de là, et moi, hélas, le premier.

Lisez Madalina, ce patrimoine de la littérature roumaine : toute bibliothèque (municipale) digne de ce nom doit le posséder ! Et lisez Rebreanu, lui vous dit avec tant de beauté pourquoi la Roumanie est belle.

Liviu Rebreanu : Madalina. Editions Jacqueline Chambon, 1992, 220 pages, 16,7 euros.

 
Coup de coeur | Roman | Roumanie

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11 commentaires

Joli billet.Bienvenue…euh…Beckhamescu (quelle drôle de blaze ! ;-)).
Bel hommage à Jacqueline Chambon, éditeur pas simple d’accès mais reconnu.

par Moriarty, le 06 octobre 2007 à 13h28, #

welcome beckhamescu.
bien écrit cet article. de l’ enthousiasme et tout…
j’ vais me laisser tenter moi.

par thi oc, le 07 octobre 2007 à 18h28, #

Bon choix mon ami, tu ne le regretteras pas!

par PJ, le 07 octobre 2007 à 18h29, #

Une question : Madalina se traduit par Madeleine ou ça n’a rien à voir ?

par Xaxou, le 08 novembre 2007 à 16h22, #

On pourrait oui. Pour ce qui est du bouquin, la version française garde évidemment les prénoms tels quels.

par PJ, le 08 novembre 2007 à 17h23, #

Pas exactement PJ. C’est vrai pour Madalina, mais pour les autres, la version de chez nous les francise grossièrement.

Ainsi, Madalina Crainicu devient Madalina Craïnicou. Puiu devient Pouïou, etc… Disons que c’est ajusté phonétiquement.

par Beckhamescu, le 09 novembre 2007 à 10h58, #

C’est vrai, tu as raison. D’ailleurs, je déteste ce genre de “francisation” des noms.

par PJ, le 09 novembre 2007 à 11h04, #

Ah ben c’est marrant, ça me fait l’effet inverse. J’y vois une vraie tendresse, ça me fait penser aux relations franco-roumaines des années 20-30. C’était systématique à l’époque.
Donc, j’aime bien.

par Beckhamescu, le 09 novembre 2007 à 12h12, #

Non, vraiment, je n’arrive pas à supporter les Iassy, Iliescou et autres Piteshti. C’est totalement contraire à la langue française, qui ne déforme normalement pas les noms (pas de pluriel par exemple, contrairement à l’anglais) et les noms roumains perdent tout leur caractère, leur romantisme.

par PJ, le 09 novembre 2007 à 17h20, #

Ah ben c’est marrant, ça me fait l’effet inverse. J’y vois une vraie tendresse, ça me fait penser aux relations franco-roumaines des années 20-30. C’était systématique à l’époque.
Donc, j’aime bien.

Sinon, Lassy, c’était pas plutôt le chien fidèle ?

par Beckhamescu, le 09 novembre 2007 à 18h16, #

Mais pas Lassy, Iassy, avec un i majuscule (Iaşi en français quoi).
Mais quel bécassou celui-ci! ;-))))

par PJ, le 09 novembre 2007 à 18h35, #

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