Un nouveau billet de Beckhamescu, sur un autre essentiel de la littérature roumaine: “Ultima noapte de drăgoste, întâia noapte de război”.
“Brûlure dévastatrice”, selon son auteur, Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre est le roman de l’amour fou et de la jalousie vécus dans les méandres de la Première Guerre mondiale.
Jeune homme issu de la petite bourgeoisie, Stefan vit une histoire d’amour passionnelle avec Ela, qui deviendra sa femme. Un héritage confortable va bouleverser leur vie, et Ela lui échappera de plus en plus. La séparation devient imminente. Il vit sa dernière nuit d’amour dans les tourments de la jalousie et commence alors la première nuit de guerre. Dans le journal de campagne de son héros, Camil Petrescu écrit les plus belles et les plus subtiles pages sur la Première Guerre mondiale: une vision personnelle, grinçante et critique, fondée sur son expérience de volontaire.
Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre est certainement le chef-d’œuvre le plus brillant, le plus profond et le plus riche de Camil Petrescu. Avec une sensibilité hors du commun, il a exploré les profondeurs de la conscience et a su créer des personnages forts, toujours en proie à leurs conflits intérieurs.
Bon, alors bien sûr, ma douce m’en avait beaucoup parlé de ce livre, on l’avait même à la maison, en roumain. Et pas eu le courage de me lancer dans sa lecture dans sa langue. Donc, évidemment, quand il est sorti en français… Je m’attendais à quelque chose de profondément romanesque, bien dans la veine roumaine du roman rural et politique du début du siècle précédent, mais… Mais, je n’aurais peut-être pas dû lire Rebreanu avant, car je trouve quand même que Petrescu, c’est un très net ton au-dessous. Déjà, avec Madame T, j’avais été un peu refroidi. Là, pour ce roman, autant j’ai adoré les premières pages, la première partie en fait (la première moitié donc), celle des tourments du narrateur face à sa femme, autant j’ai trouvé la seconde ennuyeuse à mourir, celle qui évoque la guerre de 14. Descriptions lourdes, interminables, ça ne m’a que rarement accroché, et j’étais bien soulagé d’en finir. Pour les novices, La forêt des pendus de Rebreanu, qui vient de sortir chez Zoé éditions, est incomparablement meilleur. A choisir…
Camil Petrescu; “Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre”; Paris, Les Syrthes, 2007; 407 pages; 23 euros.




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13 commentaires
En lisant le titre, on a l’impression que l’histoire se déroule sur un laps de temps assez bref … Est-ce le cas ? Quid de la femme du héros, est-elle très présente dans le roman ou l’histoire est elle axée uniquement sur le héros ? Merci d’avance pour l’éclairage ! ;)
Bonne question, Xaxou. Comme j’ai pas trop aimé le bouquin, j’en ai pas gardé un souvenir impérissable.
Je le relis vite fait, et je réponds correctement à tes questions.
Alors là, bonne colle. Ca doit faire 6 ou 7 ans que j’ai lu ce bouquin et franchement, il ne m’a pas laissé un grans souvenir.
Petrescu est un auteur important de la littérature roumaine, un essentiel. Mais je n’accroche pas vraiment. Je n’ai pas vraiment aimé “Madame T.” non plus. Je préfère Rebreanu par exemple.
Copieur !!!!
On remarquera au passage que certains commentaires sont de haute volée littéraire…
Bon, j’ai fini ma relecture. Suivez bien, car je ne le lirai pas une troisième fois !
Alors, pour répondre convenablement à Xaxou :
La femme, on la “voit” surtout dans la première partie du livre, qui raconte l’amour des deux héros, Ela et Jean-Luc (nan, j’déconne, c’est Stefan), de la rencontre à la fin de la passion. Ela est bien omniprésente. Tout se passe bien au début, puis un héritage arrive, et c’est le début des ennuis. Ca va crescendo (les ennuis), de pair avec la jalousie de Stefan, pour des choses futiles.
Puis, l’heure de la mobilisation arrivant, la séparation devient tout aussi imminente.
Et donc ça se termine, et la première partie, et l’amour des deux.
Du coup, dans la seconde partie, on retrouve Stef dans le bourbier de la 1GM, et là, c’est un violent plaidoyer contre ce que fut ce conflit. Petrescu donne alors sa vision personnelle, grinçante et critique, laquelle est fondée sur sa propre expérience.
Donc au final, l’histoire ne dure pas que sur un court laps de temps, comme pourrait le laisser entendre le titre. En fait, celui-ci témoigne plutôt de la jonction entre les deux parties de l’oeuvre.
Cela dit, le “Femmes” de Mihail Sebastian, qui vient de sortir chez L’Herne, est bien plus savoureux.
Ah tiens, je l’ai pas lu ce Sebastian. Je vais m’y pencher.
Duje Diakuyu Beckamescu !
???
C’est pas du roumain ça, ou alors parlé dans le métro par un accordéonniste kiévien… ;-))))
Ne maîtrisant absolument pas le roumain, je remerciais effectivement Beckamescu en ukrainien ! ;)
(Merci beaucoup Beckamescu) en français ! ;)
> Cela dit, le “Femmes” de Mihail Sebastian, qui vient de sortir chez L’Herne, est bien plus savoureux.
à son sujet : http://www.icr.ro/filiale/evenimente_a.php?cod=430&cod_filiala=10
C’était un très bon, Sebastian. Merci Moriarty (même si j’ai vu l’info trop tard) !