Sous ce singulier titre, habile contraction de Gomorrhe - cette ville biblique détruite par le feu - et la camorra - sujet de cet ouvrage, se cache le plus furieux pamphlet anti-mafia de ces dernières années.
Son auteur, Roberto Saviano, le paie d’ailleurs au prix fort puisqu’il est sous protection policière rapprochée depuis la parution-choc de ce livre en Italie. Menacé de mort par ceux-mêmes auxquels il tente d’ouvrir les yeux, Saviano, né en 1979, est traité comme un paria dans sa propre ville, Naples : l’omerta, cette loi du silence chère aux mafieux, a encore de beaux jours devant elle.
Saviano dénonce, en plus de 300 pages denses comme ce foutu béton de Campanie, ce Système qu’est la camorra - sans majuscules s’il vous plaît - cette terrible mafia napolitaine qui a fait de l’ultra-libéralisme son credo. Les chefs de clans dominent la région. Violents, parfois, capitalistes jusqu’au bout des ongles, toujours, ces hommes sont des exemples - un comble ! - pour nombre de jeunes attirés par cette vie facile où le roi Argent écrase tout.
Le Système, donc, est cette machine à broyer les vies humaines. Drogués, dealers, compagnes de camorristes, tout le monde est perdant ici, mais tout le monde y touche, de près ou de loin, dans ce sud italien désoeuvré, pauvre et abandonné de pouvoirs publics absents et/ou corrompus.
Passionnément napolitain, profondément pessimiste, ce Gomorra est un véritable cri du coeur, aussi fort qu’un “J’accuse” ou le célèbre “Je sais” de Pasolini.
Je sais et j’ai les preuves. Et donc je raconte. Cette vérité. Roberto Saviano (1979-?).
A lire de toute urgence, chez Gallimard, 21 €.




trackback uri
1 commentaire
J’ai vu un docu l’autre jour sur Canal décalé sur le mec qui à écrit le bouquin. Ca puait bien profond, je crois que je vais le lire cet été. C’est pas un bouquin d’hiver :-)