Je reste dans la lignée de la découverte littéraire grâce à la musique, et toujours grâce au groupe des Têtes Raides, qui m’ont offert le privilège de découvrir Stig Dagerman.
Dagerman est un écrivain et journaliste suédois né en 1923 à Älvkarleby et mort en 1954 à Danderyd.
Fils d’ouvrier, il commence sa carrière littéraire en 1941 comme journaliste dans la rubrique culturelle pour des journaux syndicaux. Anarchiste engagé et humaniste (marié à Annemarie Götze, une fille de réfugiés allemands, afin qu’elle puisse bénéficier de la nationalité suédoise et rester en Suède), il a couvert la période post-nazie allemande, en livrant les témoignages des rescapés.
Il est convaincu qu’un écrivain politisé doit être capable de changer le monde et vivra très mal le positionnement ambigu de son pays dans le conflit armé ravageant toute l’Europe, cette hypocrite neutralité, ce lâche non-engagement, absolument incompatible avec ses aspirations existentialistes prônant la responsabilité et l’action.
Devenu, la valeur montante de la littérature suédoise avec son premier roman “Le Serpent” en 1945, il atteint son apogée avec l’écriture de “L’Enfant brûlé”.
Dans ce livre, Bengt, narrateur et personnage principal, assiste à la mort de sa mère, qu’il aime, car comment ne pas aimer quelqu’un qui vous aime, mais surtout aux réactions d’un père qui ne réagit pas comme il le voudrait.
Le conflit silencieux durera jusqu’à l’arrivée d’une jeune femme dont les deux hommes s’amouracheront tour a tour.
Ce livre rappelle quelque peu, dans sa thématique (la mort de la mère) mais aussi dans son approche épurée, “L’Etranger” de Camus.
Incapable d’écrire à partir de 1949, Dagerman ne publiera plus qu’un court texte ‘Notre besoin de consolation est impossible à rassasier’ (1952), douze pages à la première personne du singulier, saturées de désespoir, qui constituera son véritable testament.
Ce texte est lu par Les Têtes Raides dans leur album Banco
“Vivre signifie seulement repousser son suicide de jour en jour.”…
‘L’Enfant brûlé’
“Pour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !”
‘Notre besoin de consolation est impossible à rassasier’




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