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Atocha

ato.gif A l’approche de la quarantaine, Roland, professeur d’espagnol, entame une douloureuse dépression. Triste, il se sent seul. Un malaise lancinant le poursuit nuit et jour ; comme l’amour qu’il porte à Marianne.

Marianne : psychiatre et amie de toujours qu’il vénère telle une déesse grecque. Ses pensées obscures se mêlent aux souvenirs d’enfances, ces années passées à aimer cette femme sans jamais le lui révéler. Cela pourrait être une si belle histoire d’amour. Mais quel ennui ! Les personnages principaux sont bien fades…peut-être est-ce pour souligner le caractère ennuyeux de la vie de Roland. Qui sait ?

Pour le guérir, Marianne lui propose de « s’évader » : monter dans un train qu’importe la destination. Circonspect, Roland finit par accepter et le roman devient réellement intéressant. Il prend des accents de road movie à travers la France et la péninsule ibérique. L’auteur peint de magnifiques tableaux de Lisbonne et de Madrid.

Petit à petit, Roland découvre qu’il est suivi sans raison apparente. Dans un hôtel en France, un train en Espagne ou encore sur une place portugaise…l’homme est toujours là. Le road movie se transforme en véritable chasse à l’homme. Pourquoi le poursuit-il ? Et comment s’en débarrasser ? Roland joue au chat et à la souris, il s’en amuse et se sent enfin Vivre. Mais s’en sortira-t-il ?

En toile de fond, l’auteur dresse un tableau de l’Espagne contemporaine et des ses relations avec le Pays Basque, plus particulièrement ETA. Il évoque une certaine suspicion latente de la part des espagnols à l’encontre des basques. Le 11 mars 2004, Roland prend le métro à Madrid. Comme dans tout métro qui se respecte il fait lourd. Mais là l’atmosphère est différente, il perçoit une légère tension. Et c’est l’explosion. Le passage concernant l’attentat d’Atocha est remarquable : sans tomber dans le lyrisme exacerbé, il réussit à décrire le chaos post explosion avec beaucoup d’habileté.

A l’hopital, il rencontre Iza : une femme basque. Belle, courageuse, forte, elle enrichit véritablement l’intrigue. Moulée dans une robe noire, les lèvres carmin : va-t-elle le guérir de Marianne ?

En bref, un livre qui devient intéressant passées les cinquante premières pages. Le seul point négatif étant cette histoire d’amour un peu ennuyeuse.

Atocha
Bernard Oustrières
Transbordeurs

 
Littérature | France | Espagne

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2 commentaires

J’aime bien les histoires qui se base sur les road trip.
Est-ce que c’est politisé ou pas ?
Qui est l’auteur ?

par Terryble, le 04 août 2008 à 13h55, #

L’auteur semble être Bernard Oustrières si je me fie à la note de bas de page.

J’ai toujours été assez réticent à lire des fictions basées sur des événements réels. J’ai toujours trouvé ça bizarre. Et sinon, amour, psychologie, road trip, chasse à l’homme, ETA… l’auteur ne mélangerait-il pas un peu trop de choses?

par PJ, le 05 août 2008 à 09h30, #

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