J’aime lire et j’aime le football … alors quand mes deux passions se rejoignent, à l’occasion d’un livre, j’aime en parler. Bien sur, la plupart des quelques millions de lecteurs quotidien de parlonslivres consultent aussi parlonsfoot, et m’accuseront, à juste titre, de plagier l’excellent article de PJ. A ceux là, je dirais : “Ouais et alors ?” :)
Voila, ce qui appartient à César lui étant rendu, présentons ce petit bijou.
Premier atout de ce livre : il est édité chez Babel (publiant les livres de poche d’ACTES SUD), édition qui a une très bonne place dans ma bibliothèque et m’a rarement déçu.
Ensuite, j’avoue avoir eu une sorte de décollement de la rétine, quand j’ai vu le nom de l’auteur. On m’aurait menti ? Paganelli le journaliste peroxydé sait écrire ???
Ouf … c’est l’autre, celui qui a fondé les cahiers du football et en a été le rédacteur en chef (leur Jéjé à eux), de 1991 à 1993. L’homme n’est pas seulement amoureux de football puisque journaliste chevronné pour les services politiques de grands noms de la presse (RMC, Quotidien de Paris, Europe 1) et de la télévision (Canal +, France 3 (La Marche du siècle), France 2 (Complément d’enquête), TF1 (Sept à huit), M6 (Zone Interdite)).
Son livre mélange donc ses deux domaines de prédilection : la politique et le football. En pleine préparation des JO en Chine, dans un contexte géopolitique mondial complexe (du Darfour au Zimbabwe, de l’Irak à la Colombie), ce sujet arrive donc à point nommé.
Mais qu’attendre d’un livre qui traite d’un sujet aussi controversé ? La politique et le football, le sport populaire par nature, ont souvent été intimement mélangé, de la rivalité entre Barcelone et Madrid sous Franco, jusqu’au berlusconisme milanais. On s’accorde (presque) tous pour demander l’apolitisme du sport (sauf les dictateurs et les militants des droits de l’homme), mais comment complètement isoler le sport de son contexte politique ?
C’est donc cela qui m’intriguait le plus au moment de l’ouverture de ce livre : Comment écrire un livre décriant, à travers onze anecdotes, l’interventionnisme de la politique dans le milieu footballistique ? N’est-ce déjà pas lui faire publicité que d’en parler ? Un peu le font les médias avec les problèmes qui gangrènent notre société …
Que nenni !!
Premièrement ce livre ne décrie pas. Il raconte. Il raconte que cela a existé, et pour ne pas oublier.
Ensuite, il ne juge pas. Il transmet. En romançant, bien sur. Les choses sont tellement plus vraies quand elles sont romancées.
Enfin, il ne nie pas. Il ne renie pas l’intervention de la politique dans le football, il ne la décrit ni comme positive ni comme négative, mais seulement comme une seule et même histoire.
Comment ne pas parler des exactions de la junte militaire argentine lors de la coupe du monde 78, de la main mise de Ceausescu sur le football roumain, des matchs d’oppositions entre les pays envahis ou annexés et les équipes d’Allemagne nazie, lorsqu’on parle de l’Histoire du football ?
Bref, si regretter la vie commune du sport et de la politique est une chose, le nier en est une autre.
De tous temps, les dictatures et autres régimes autoritaires ont, comme les démocraties, utilisé les valeurs du football, vecteurs de la ferveur populaire, pour galvaniser le peuple opprimé. Bref, Panem et Circenses …. même si le pain manque …
Je ne vous gâcherai pas le plaisir et la fraîcheur des histoires en vous les racontant. Mais quel plaisir de se souvenir que des hommes ont rejeté l’utilisation du football comme levier de pouvoir, au risque de leur vie et de leur réputation !
Bref, une somme de petites histoires à travers un voyage intemporel dans les grandes dictatures qui résonne dans les cœurs et qui, l’instant de quelques heures, fait du bien comme ces histoires d’anciens combattants racontés le temps d’une commémoration …
Pour se souvenir que chacun peut lutter.





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2 commentaires
Oh oui! Je ne regrette pas d’avoir insisté! Superbe description Terryble. Je ne connaissais pas les faits d’armes de ce Paganelli, je comprends désormais mieux le professionnalisme du bonhomme.
Ce livre est fantastique. Il décrit, comme tu le dis si justement, sans glorifier ni condamner. Un très grand avantage. Et un grand moment de lecture historique.
Merci PJ.
C’est rare en effet, les livres qui parlent de sujet aussi controversé mais qui ne pensent pas pour le lecteur, qui le font juste réfléchir a tout cela.